Le
Pétrus est considéré comme le plus
intéressant des pomerols. Pourtant avant 1945,
sa notoriété restait confidentielle. En
1920, Madame Loubat hérita de ce vignoble situé
au point le plus haut de l'appellation Pomerol, dans le
bordelais. Elle est rejointe vingt ans plus tard par Jean-Pierre
Moueix alors négociant installé sur les
quais de la Dordogne. Château Pétrus commence
à sortir de son anonymat. Madame Loubat présente
ses bouteilles en Angleterre lors des noces d'Elizabeth.
Outre-Atlantique, Pétrus devient le vin culte des
Kennedy.
A Pomerol il n'y a pas de classement comme en Médoc
ou à Saint-Emilion. Pourtant Pétrus se distingue
des autres châteaux. Au départ, sa petite
surface de 11,50 hectares (9 fois moins grand que Lafite)
le rend vite rare.
Les ceps sont enracinnés à moins de 50 centimètres
de profondeur dans un sol argileux. 95 % du Pétrus
provient du cépage Merlot.
Les fûts neufs sont lavés pour ne pas trop
marquer le vin. Les raisins sont cueillis à pleine
maturité pour la pureté des saveurs au détriment
de la productivité.
Château Pétrus, formidable terroir, est d'abord
un rendez-vous d'hommes amoureux du vin. Michel Gilet,
le patron des vignes, rêvent d'une nature sans chimie.
François Veyssière, maître de chai
est également collectionneur d'arbres fruitiers
en voie de disparition. Le vinificateur Jean-Claude Berrouet
apporte son enthousiasme de basque non seulement à
Pétrus mais aussi à Lafleur Pétrus,
La Magdelaine et Trotanoy.
Aujourd'hui Château Pétrus est la propriété
de l'éternel Jean-Pierre Moueix et de Lily-Paul
Lacoste Loubat, héritière et nièce
de Madame Loubat. Une bouteille de Pétrus se négocie
autour de 3.000 francs.